Pour mon cinquantenaire

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Ferai-je comme la plupart de ceux de mon âge qui savent tout de ce qui s’ignore
Etalerai-je à la cour de cette nation des grandes ablations ma bêtise mon inconscience ma folie
Aucune phobie si déjà en faction sont mes convoyeurs
Ceux qui me mettront au trou lacérant cette chair que trop d’amour des frères d’une même terre a pourrie pour l’immense plaisir des nécrophages

Que sais-je en vrai de ce Cinquantenaire
Commentaires et rumeurs sur la première moitié
Et à mon degré de conscience les meurtrissures des tribulations de la seconde moitié
L’avis des autres ne m’empêchera point de nombriler avant que le temps au fil de fer ne couse mes lèvres
Mon désespoir a grandi sans encamisoler les bras puissants de mes espérances
Spolié
J’ai rêvé d’expatriation exprimer mon âme m’exiler exhiber mon altérité
Me dépouiller de cette camerouniaiserie du passé qui tentacule le présent
Alors que rester pousse du sol de mes ancêtres est tibia de ma démarche

De toute évidence j’ai le visage d’ailleurs comme héritage aujourd’hui
Quand je regarde mon legs
Ces jambes musclées de l’oppression qui s’élancent
Piétinement des droits de l’homme de l’enfant de la femme du citoyen
Par quelques forces de l’ordre
Je me froisse bruyamment comme une tôle d’aluminium car je tiens à ma peau à mes fesses
A mon diabète diatribe du musellement de la presse libre et indépendante
Position indéfendable ils diront je suis de l’opposition pauvre frondeur
L’œil torve sur le rapt répété d’identitaires valeurs morales
Culturelles
Disparition si ce n’est cancer dans nos langues tribales
Apparition métamorphique camfranglais
Le tir est rectifiable pour une meilleure cohésion sociale
Cinquante ans

Pour Aïe Joe les Cataracteux youyoutaient inconscients des cabales souterraines
Bâillonner maquisards et résistances
Doux bûcher réchauffant les nuits froides du Collant
Agriculture et élevage nourriture à profusion fausse monnaie
Délectation de la belle époque opaque
Le lion arrive et dévoile tout le subterfuge
Fiat lux c’est le temps de la faim
Des vérités
J’ai osé dire vérité

Plus de libertés
De droits respectés
Multipartisme quoique dénué de patriotisme opposition en opposition
Regards sur le monde télévision Internet germe d’une économie prospère prétérition de l’accolade anglophone
Nous sommes une seule nation depuis une éternité
Bakassi freedom fighters
Noirs Blancs Rouges les démélaninisés
C’est le monde en miniature l’Afrique oui l’a-fric
Pourtant nous avons le visage d’ailleurs comme héritage
Les pygmées sont plus grands et moins dupes adeptes de stupre
Agonie de nos us et coutumes sauf dans quelques villages du Nord du Sud de l’Ouest généreusement enclavés
Est
Est-ce scission si nous célébrons Saint Valentin Saint Sylvestre et Nativité avec faste
Flavescence morbide pour le Ngondo le Mpo’o Mbog Liaa ou Mayi Mapam aux visages exotiques
Evidemment qu’il y en a d’autres selon chaque tribu région
En eux se pérennisent nos racines infiniment profondes
L’heure est venue d’y mettre plus de volume cimenter nos repères

La ville change dans une urbanisation incontrôlable mais
Tonne Tone et quelques pairs peaufinent sa beauté
Autoroutes modernes qu’escorte la verdure
Armée d’arbres plantés pour lutter contre le réchauffement
Un vent violent souffle dans l’œil des haineux du Char des Dieux car
Nkukuma mijote dans sa grise matière en ébullition la concrétisation du bout du tunnel
Même si cette rue râle comme horrible mâle
Cacophonie des suppliques des héritiers déracinés lobotomisés vieillis
Récupérables toute même avant la partouze
Lapsus partout les nantis sont des mantes homicides qui prospèrent
S’abreuvant de la sève de l’innocence ruisselant dans les torrents des révolutions chaque fois avortées

Quand je sais que d’autres ont vu pire poésie espère la lueur aurorale
Eloignée des sphères littéraires emprise sur le réel conjuguer
Avec
La capacité d’une nouvelle éducation
Abnégation
Instructions constructives
Infusion de l’amour de sa terre nourricière au fer de lance
Potentiel présent répondant à l’appel de l’exil
Amour qui confère armure protégeant de la vilénie la corruption
De la prévarication
De l’aumône
Enorme boulet à la cheville du triangle à l’heure des échappées tiers-mondistes
A nos marques
Après un bol d’air pur
De grandes foulées graver sur ce paysage un bonheur millénaire.

© Paul Nwesla Biyong
texte déposé n°444P1A5

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Commentaires (3)

1. Mamadou Cissé (site web) 03/11/2013

Avec une parfaite maitrise du Verbe! Paul, un modèle pour nous autres jeunes du continent...

2. gilda nataf (site web) 10/01/2013

c'est slammé, rythmé, c'est dit ! et chanté ! merci Paul

3. DELORD Monique 11/09/2010

Cinquantième anniversaire des indépendances ? C'est bien plus fort que tous les beaux discours officiels. Merci

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Membre du collectif des Poètes mal famés
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