Liaison lointaine

Mon être reposé sur le sable de cette plage
Mon regard perdu entre les stratus et les cumulus
Mon esprit éloigné des eaux de cette mer qui meurent à mes pieds
Ma pensées emprisonnée dans le souvenir d'une créature particulière
Même absente, je continue à capter son sourire fugace
Son visage clair que les rides de soucis agacent
Ses yeux illuminés laissent entrevoir un certain espoir
Pour sa  progéniture embrigadée dans le cocon du désespoir
Sa  voix ferme et sage les éloigne de la mauvaise voie
Tandis que la manifestation de la foi malsaine de son
Epoux les confinait dans la perdition


Je me rappelle son épaule recueillant mes larmes de détresse
Je me rappelle les berceuses qu'elle ne chantera plus à mon chevet
Je me rappelle les intérêts que je tirais de son amour désintéressé
Je me rappelle les promesses que je lui faisais et que je ne saurais tenir
J'aurais aimé être son fauteuil roulant lorsque la vieillesse l'aurait estropiée
J'aurais aimé être ses lentilles de contact lorsque la vieillesse l'aurait aveuglée
J'aurais aimé être sa pensée lorsque la vieillesse aurait ramolli ses méninges
J'aurais aimé être médecin  pour lui rendre la santé sous le joug de la maladie
Pour la première fois je me rassasiais de posséder le cœur
D'une femme sans songer à lui prendre aussi tout son corps
Son amour maternel parallèle à celui matériel
De la jeune femme encore étendue dans mon lit
Après une torride fornication nocturne


Maintenant que le spectre de la mort l'emmène
Sa maison vide s'évide un peu plus de ses vies humaines
Traumatisé par cette insupportable séparation subite
Je me réfugie dans les hauteurs  des temples du Wu-tong
Chaque matin je guette les nuages épais qui enveloppent ce monastère
En essayant de percer le mystère des âmes qui montent vers les cieux
Et établir avec elle une cordiale liaison lointaine.

© Texte protégé

Commentaires (2)

1. 24/06/2009

ce n'est qu'un passage, malheureusement obligatoire et caché, qui nous tombe dessus en son heure. Mais je n'ai peur de rien car la Mort ne représente rien pour le vivant... pour dire comme l'autre.

Il faut alors lui sourire comme elle sourit à tous... pour dire comme un autre. En fait, je pense comme eux.

2. Marie (site web) 24/06/2009

La crainte de ce jour, la peur de cette heure amputée de vie m'étreint et chaque fois davantage à la lecture de ton texte.

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Membre du collectif des Poètes mal famés
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